Programme Horizons | Rencontre avec Valentine Rondelez, fondatrice de Musair : “Quand on ressent quelque chose, on réussit son expérience au musée”

Valentine Rondelez, fondatrice de Musair

“Là où le regard se pose, se porte la pensée” c’est la baseline très poétique de Musair, projet de médiation culturelle d’un nouveau genre porté par Valentine Rondelez. Musair propose aux visiteurs des médiations sonores — sous la forme de capsules audio dans une app de visite- pour découvrir d’un autre œil (ou plutôt d’une oreille) des lieux culturels, œuvres, patrimoine ou paysage. Valentine édite également une newsletter dédiée depuis 2019, dont elle cherche à accroître l’audience et la monétisation associée. C’est dans ce cadre qu’elle a rejoint le programme Horizons de Creatis. Nous l’avons rencontrée pour en savoir plus sur son parcours et sur son projet.

Bonjour Valentine, peux-tu revenir sur ton parcours ?

Valentine Rondelez : Si on fait un rapide retour en arrière, j’ai eu une première partie de carrière en tant que Directrice Communication dans le transport-logistique, l’environnement et la banque. Puis avant de créer Musair, j’ai d’abord commencé par écrire. En 2018, j’ai eu un accident du travail et une des choses qui m’a fait beaucoup de bien à ce moment-là, ça a été de fréquenter les musées, d’y développer un rapport au temps très différent… J’ai commencé à écrire un blog sur le sujet, et c’est comme ça que j’ai rencontré mon audience. Petit à petit, ce blog est devenu une newsletter, puis des capsules audio. Sans que mon expérience m’y porte, j’ai créé une entreprise dans la culture. Entreprise dont les graines ont été plantées avant le covid mais qui a beaucoup évolué pendant.

Justement, présente-nous ton projet.

Valentine Rondelez : Musair, c’est une entreprise qui crée des parcours de visites culturelles, fondés sur la voix, le son et une écriture très spécifique. Avec la volonté de proposer des moments de contemplation et d’émotion, quel que soit le contexte de visite : musée, patrimoine etc. La raison d’être de Musair ? Accrocher l’attention du visiteur, ralentir son rythme de découverte et le faire plonger dans des sujets d’histoire, d’art ou de littérature.

Et comment t’y prends-tu pour accrocher l’attention du visiteur ?

Valentine Rondelez : Je cherche en quoi les œuvres du passé continuent à nous toucher aujourd’hui, leur lien avec notre époque contemporaine, ce qu’elles disent de nous aujourd’hui. Cela crée des parcours qui sont très engageants pour les visiteurs qui ne viennent pas juste pour se cultiver, mais pour ressentir quelque chose.

Comment t’es venue cette idée ? À quel besoin souhaites-tu répondre ?

Valentine Rondelez : Avec Musair, je cherche à m’adresser en priorité à celles et ceux qui pensent que l’expérience muséale n’est pas faite pour eux, qui sont convaincus de ne pas avoir la culture suffisante pour apprécier telle œuvre ou telle exposition….

Mon écriture leur permet justement de se sentir compétents, car ils ressentent quelque chose. Et quand on ressent quelque chose, on réussit son expérience au musée. Derrière Musair, il y a un objectif d’accessibilité mais aussi de plaisir. Le fait de toucher les gens avec quelque chose de plaisant, ça décuple leur curiosité.

Musée des Beaux Arts d’Arras

En quoi est-ce essentiel selon toi de favoriser l’accès à la culture en s’adressant au plus grand nombre ?

Valentine Rondelez : C’est essentiel car je trouve cela merveilleux que ces œuvres venues du passé continuent de nous expliquer le monde, qu’elles restent très actuelles malgré leur histoire. Cela permet de développer son esprit critique. C’est l’essence même de la culture, s’adresser au plus grand nombre, ouvrir ses horizons, et au bout du compte, générer une émotion : émerveillement, sourire, compassion ou autre. Et les émotions sont universelles.

Pour autant, Musair ne s’adresse pas uniquement à des néophytes ?

Valentine Rondelez : Non effectivement, au sein de ma communauté j’ai des gens qui sont très experts et qui aiment ce que je fais, car ils redécouvrent des œuvres qu’ils pensaient connaître. Par exemple, dans le cadre d’un parcours au Musée des Beaux Arts d’Arras, j’ai travaillé sur une oeuvre de Rubens, datant du 17ème siècle — Saint François d’Assise recevant les stigmates — que j’ai mixé avec Fool’s overture de Supertramp, pour appuyer le rapprochement de situation et accentuer l’énergie ressentie au regard de cette oeuvre. Forcément, cette approche ouvre des perspectives.

L’audio reste un canal privilégié pour la médiation culturelle, mais aussi un format à la recherche de son business model. Comment abordes-tu la question ?

Valentine Rondelez : Aujourd’hui mon modèle est clairement BtoBtoC, en proposant mes services aux musées, aux organismes et institutions culturelles qui veulent enrichir l’expérience de leurs visiteurs. Les feedbacks des organisations sont très positifs, tant sur l’écriture que sur l’adaptabilité de l’outil. Idem pour les retours utilisateurs, qui m’ont permis d’ajuster l’application dans sa praticité (UX design) et la réalisation des capsules audios : nombre de voix, musiques etc. L’enjeu aujourd’hui, ce n’est pas forcément de convaincre de l’utilité de cette expérience nouvelle, c’est plutôt le temps de décision des organisations culturelles.

Quels sont tes objectifs prioritaires pour les mois qui viennent ?

Valentine Rondelez : D’abord poursuivre le développement commercial, trouver de nouveaux musées et sites de tourisme culturel qui me confient leurs sujets. Ensuite, travailler sur la newsletter que j’édite depuis 2019, et pour laquelle j’ai rejoint le programme Horizons de Creatis, dédié aux médias émergents. Dans cette newsletter, je compare chaque semaine un fait d’actualité et une œuvre artistique de toute époque, pour montrer qu’on trouve un écho entre l’art et ce qu’on vit aujourd’hui. L’idée est de continuer à accroître son audience et pourquoi pas la monétiser, en renforçant les partenariats thématiques.

Après deux mois d’incubation au sein du programme Horizons, quels sont tes feedbacks/impressions ?

Valentine Rondelez : Après être passée par Willa ou Plaine Images pour donner des racines à mon projet, c’est la première fois que je suis plongée dans un univers similaire au mien : la culture, les médias, des gens qui écrivent, des coachs qui nous écoutent en ayant conscience des spécificités de ce marché. J’ai la sensation d’avoir trouvé un accompagnement en cohérence avec mes valeurs et la vision que je souhaite donner à mon projet. Je ressentais vraiment ce besoin, surtout après la période covid. Et j’en suis très heureuse.

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